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17 mai 2026 - 09h05

Tendinopathies : pourquoi le repos seul ne suffit pas


Xavier Vrielynck

Si je devais désigner la pathologie pour laquelle je reçois le plus de mauvais conseils en consultation, ce serait celle-là : la tendinopathie. Tendon d'Achille douloureux du coureur, épaule qui coince depuis des mois, coude qui brûle après une journée de bricolage, genou qui réagit mal au CrossFit... Les présentations changent, le scénario est souvent le même : "Mon médecin m'a dit de me reposer trois mois", "On m'a fait des séances d'ultrasons sans grand résultat", "On m'a parlé d'une infiltration"... Et le patient arrive au cabinet, six mois plus tard, toujours avec sa douleur. Pourtant, ces 15 dernières années, la recherche sur les tendinopathies a fait des bonds énormes. Nous avons aujourd'hui des recommandations claires, étayées par des centaines d'études, qui nous disent quoi faire — et ce qu'il vaut mieux éviter. Le problème, c'est que ces informations mettent du temps à atteindre le grand public, et même parfois certains soignants. Cet article, c'est ma manière de partager ce que je vois marcher au quotidien, en m'appuyant sur les meilleures données scientifiques disponibles. Si vous souffrez d'une douleur tendineuse qui traîne, j'espère qu'il vous apportera des réponses concrètes.

1. Mettons d'abord les choses au clair : qu'est-ce qu'un tendon ?

Le tendon, c'est ce qui relie le muscle à l'os. C'est lui qui transmet la force que produit le muscle pour faire bouger le squelette. Sans tendon, pas de mouvement.

Pendant longtemps, on a vu le tendon comme une simple corde inerte. Cette image est fausse. Le tendon est un tissu vivant, métaboliquement actif, qui s'adapte aux contraintes qu'on lui fait subir. Sollicité progressivement, il se renforce. Sous-utilisé, il s'affaiblit. Surchargé brutalement, il proteste.

C'est cette capacité d'adaptation qui explique à la fois pourquoi on développe une tendinopathie et comment on peut en sortir.

Tendinite ou tendinopathie ?

On entend souvent parler de "tendinite". Le suffixe "-ite" en médecine désigne une inflammation. Or, et c'est un point majeur, la plupart des tendinopathies chroniques ne sont pas inflammatoires au sens classique. Les recherches menées notamment dans les années 2000 ont remis en cause cette idée reçue.

C'est pour cela qu'on parle aujourd'hui de tendinopathie — un terme plus neutre, qui désigne simplement une atteinte du tendon sans présupposer du mécanisme. Ce n'est pas qu'une querelle de mots : ça change concrètement la manière de traiter. Si l'inflammation n'est pas le moteur du problème, alors les anti-inflammatoires ne sont pas la solution miracle qu'on a longtemps cru.

Le continuum de Cook & Purdam : un modèle pour comprendre

En 2009, deux chercheurs australiens, Jill Cook et Craig Purdam, ont proposé un modèle qui a depuis fait le tour du monde : le continuum de la tendinopathie. L'idée est simple : la pathologie évolue selon un spectre, en trois grandes phases.

Phase 1 — La tendinopathie réactive. Le tendon a été surchargé (entraînement trop intense, reprise brutale, mauvaise nuit avant l'effort). Il réagit en s'épaississant, comme un mécanisme de défense. À ce stade, tout est largement réversible si on adapte la charge.

Phase 2 — La tendinopathie remaniée. Si la surcharge persiste, la structure interne du tendon commence à se désorganiser. Le tissu cicatrise mal. C'est une zone grise du continuum, mais on peut encore beaucoup améliorer la situation.

Phase 3 — La tendinopathie dégénérative. Certaines zones du tendon sont définitivement altérées. Et là, un point qui surprend toujours mes patients : la douleur n'est pas proportionnelle à la dégénérescence. On voit régulièrement des tendons "moches" à l'échographie chez des personnes qui n'ont aucune douleur, et l'inverse aussi.

Le message à retenir : ce n'est pas parce qu'il y a une "image dégradée" qu'on ne peut rien faire. Au contraire, même un tendon dégénératif peut retrouver une fonction, à condition de lui appliquer la bonne charge au bon moment.

2. Pourquoi développe-t-on une tendinopathie ?

Le déséquilibre charge / capacité

Dans la quasi-totalité des cas, l'histoire est la même : on a demandé au tendon plus qu'il ne pouvait encaisser. Pas forcément beaucoup plus. Parfois juste un peu plus, mais répété trop souvent, ou trop vite.

Quelques exemples typiques que je rencontre au cabinet :

  • Un coureur qui passe de 30 à 60 km par semaine en un mois pour préparer un trail
  • Un patient qui se met au CrossFit avec enthousiasme et enchaîne 5 séances par semaine dès le premier mois
  • Un télétravailleur qui se met à pratiquer le padel le week-end après deux ans sans sport
  • Un parent qui porte son nouveau-né plusieurs heures par jour, dans une position inhabituelle pour son épaule
  • Une reprise du tennis après une saison d'arrêt, sans phase progressive

Le déclencheur n'est pas toujours le sport, d'ailleurs. Une rénovation à la maison, un nouveau poste de travail, un changement de chaussures — tout cela peut suffire si la charge dépasse la capacité du moment.

Les autres facteurs qui pèsent dans la balance

À côté de la charge mécanique, d'autres éléments peuvent influencer la survenue d'une tendinopathie :

  • L'âge : la qualité du collagène évolue avec le temps, surtout après 40 ans
  • Le statut hormonal : les femmes en péri-ménopause sont plus exposées sur certains tendons (Achille, fessier moyen)
  • Le poids corporel : un IMC élevé augmente mécaniquement la charge sur les tendons porteurs
  • Le terrain métabolique : diabète, dyslipidémie, certains traitements (statines, fluoroquinolones)
  • Le sommeil et le stress : on les oublie souvent, mais ils conditionnent directement la capacité de récupération des tissus
  • La génétique : oui, il y a une part de prédisposition individuelle

Quand un patient récidive ou ne progresse pas comme attendu, j'explore systématiquement ces facteurs. Il y a souvent une explication.

La question de la compression

Certaines tendinopathies sont aggravées par une compression du tendon contre un os ou une autre structure. C'est typique des tendinopathies dites "insertionnelles" :

  • Le tendon d'Achille à son insertion sur le calcanéum
  • Le tendon du fessier moyen contre le grand trochanter
  • La coiffe des rotateurs sous l'acromion

Cette notion est importante pour la rééducation : dans ces cas, on évite initialement les positions qui mettent le tendon en compression (étirement maximal, dorsiflexion forcée du pied, élévation extrême du bras). On les réintroduit plus tard, progressivement.

3. Comment pose-t-on le diagnostic ?

L'examen clinique avant tout

Le diagnostic d'une tendinopathie repose à plus de 90% sur l'examen clinique, c'est-à-dire la combinaison de l'interrogatoire et des tests cliniques. Concrètement :

  • On reconstitue l'histoire de la douleur : depuis quand, comment c'est apparu, qu'est-ce qui aggrave, qu'est-ce qui soulage
  • On évalue le terrain : sport, profession, antécédents, état général
  • On effectue des tests de provocation spécifiques au tendon suspecté
  • On palpe la zone douloureuse
  • On évalue la force, la mobilité, le contrôle moteur

Un kinésithérapeute formé peut, dans la grande majorité des cas, identifier le tendon en cause et son niveau d'atteinte sans avoir besoin d'imagerie.

L'imagerie : pas systématique, et c'est tant mieux

C'est un point qui mérite quelques lignes, parce qu'il y a beaucoup de malentendus.

Les guidelines internationales récentes, dont la révision 2024 sur le tendon d'Achille, sont claires : l'imagerie n'est pas nécessaire en première intention pour diagnostiquer une tendinopathie. Voici pourquoi :

  1. Les images "anormales" sont fréquentes chez des personnes sans douleur. Des études ont montré que jusqu'à 30-40% des sportifs asymptomatiques présentent des modifications structurelles sur leurs tendons. Trouver une "anomalie" ne signifie pas que c'est la cause des symptômes.
  2. Une image dégradée ne prédit pas une mauvaise récupération. Beaucoup de patients vont très bien se rétablir malgré une échographie ou IRM "moche".
  3. L'imagerie peut générer de l'anxiété et des croyances négatives qui freinent activement la récupération. Quand on dit à un patient "votre tendon est abîmé", il a tendance à se protéger, à éviter de bouger, à perdre confiance — ce qui aggrave la situation.

L'imagerie reste utile dans certains cas précis : suspicion de rupture, échec d'un traitement bien mené, planification d'un geste invasif. Mais elle ne doit pas remplacer l'examen clinique.

4. Les traitements qui marchent (et ceux qui marchent moins)

C'est ici que tout se joue. Voici les approches que la littérature scientifique soutient, présentées dans l'ordre d'importance.

🥇 L'exercice progressif : le pilier de la rééducation

S'il n'y avait qu'une chose à retenir de cet article, ce serait celle-ci : la mise en charge progressive du tendon par l'exercice est le traitement de référence de toute tendinopathie chronique.

Toutes les recommandations internationales s'accordent là-dessus. Dans la révision 2024 de la guideline sur le tendon d'Achille, c'est la seule intervention à recevoir un niveau de preuve de grade A — le plus haut.

Pourquoi ça marche ? Parce que le tendon, on l'a vu, est un tissu adaptatif. En lui appliquant une charge calibrée — ni trop, ni trop peu — on stimule sa capacité à se restructurer, à se renforcer, à mieux tolérer les contraintes futures.

Concrètement, en cabinet, j'utilise une progression en plusieurs étapes :

Étape 1 — Les isométriques. Contractions sans mouvement, tendon maintenu en tension. Très intéressantes en début de rééducation, surtout quand la douleur est vive. Elles ont un effet antalgique souvent perceptible immédiatement (30 à 45 minutes après l'exercice). Protocole type : 5 séries de 45 secondes, 2 à 3 fois par jour.

Étape 2 — Le travail isotonique lent et lourd (Heavy Slow Resistance). Charges importantes, mouvements lents (3 secondes à la montée, 3 secondes à la descente). C'est probablement la modalité la plus efficace pour stimuler le remodelage du tendon. Protocole type : 3 à 4 séries de 8 à 15 répétitions, 3 fois par semaine.

Étape 3 — Les excentriques. Le freinage sous charge — par exemple, la descente lente sur un mollet. Protocole historique de référence (Alfredson), toujours utile, notamment quand le HSR n'est pas applicable. Protocole type : 3 séries de 15 répétitions, 2 fois par jour.

Étape 4 — La pliométrie. Sauts, rebonds, accélérations — tout ce qui sollicite la fonction élastique du tendon. Indispensable avant de reprendre un sport explosif. À introduire uniquement quand les étapes précédentes sont bien tolérées.

Étape 5 — Le retour au sport. Réintroduction progressive du geste spécifique, avec gestion fine de la charge d'entraînement.

Aucune de ces étapes n'est universelle. La progression doit être individualisée : un coureur de 25 ans avec une tendinopathie réactive récente ne suivra pas le même chemin qu'une patiente de 60 ans avec une tendinopathie chronique du fessier moyen.

📚 L'éducation thérapeutique : un facteur sous-estimé

C'est peut-être l'aspect le plus invisible de mon travail, mais l'un des plus déterminants. Et c'est le but de cet article. Un patient qui comprend ce qui se passe dans son tendon, qui sait qu'une douleur modérée pendant l'exercice est acceptable (en général jusqu'à 4-5/10, à condition qu'elle revienne au niveau de base dans les 24h), qui accepte que la récupération prenne plusieurs mois, qui sait qu'il y aura des hauts et des bas...

Ce patient récupère mieux et plus vite. C'est documenté.

À l'inverse, le patient qui croit que sa douleur signifie que "ça empire", qu'il faut éviter de solliciter le tendon, qui interprète chaque pic de gêne comme une rechute — celui-là va galérer beaucoup plus longtemps.

C'est pour ça que je passe une partie significative de la première consultation à expliquer le problème, à montrer des images, à répondre aux questions. C'est rarement du temps perdu.

🤲 La thérapie manuelle : un complément utile, pas un traitement à elle seule

La thérapie manuelle — mobilisations articulaires, techniques sur les tissus mous, manipulations — peut être très utile :

  • Pour soulager temporairement la douleur et faciliter la mise au mouvement
  • Pour restaurer une mobilité articulaire déficitaire qui contribue à la surcharge tendineuse (par exemple, une cheville raide qui surcharge l'Achille)
  • Pour améliorer l'adhérence au programme d'exercices, en donnant rapidement une sensation de mieux-être

Mais soyons clairs : elle ne remplace pas le travail actif. Aucune étude sérieuse ne montre qu'on peut "réparer" une tendinopathie par les seules mains du thérapeute. La thérapie manuelle facilite l'exercice ; elle n'en est pas le substitut.

🌐 Le travail postural et les chaînes musculaires

Dans certaines situations — tendinopathies récidivantes, douleurs persistantes malgré une bonne prise en charge classique, présentations atypiques — il faut élargir la focale. Une dysfonction posturale globale, des tensions à distance, un déséquilibre des chaînes musculaires peuvent entretenir la surcharge d'un tendon donné.

C'est notamment l'intérêt du traitement par chaînes musculaires : il complète l'approche locale en restaurant un équilibre global du corps. Beaucoup de médecins le prescrivent en complément, particulièrement pour les patients dont les douleurs résistent aux protocoles classiques. Je l'intègre régulièrement dans ma pratique quand le bilan le justifie.

⚡ Les ondes de choc : qu'en dit vraiment la science ?

Les ondes de choc extracorporelles (ESWT) sont une modalité que j'utilise au cabinet, mais leur niveau de preuve varie beaucoup selon les pathologies. Faisons le point honnêtement.

Ce qui marche bien :

  • Tendinopathie calcifiante de la coiffe des rotateurs. C'est probablement la meilleure indication. Les méta-analyses récentes (2024) montrent une réduction significative de la douleur et une amélioration de la fonction, avec parfois une résorption des calcifications. C'est ici que les ondes de choc apportent un bénéfice le plus net.
  • Épicondylite latérale (tennis elbow). Plusieurs revues systématiques récentes montrent un bénéfice supérieur aux injections pour la douleur et la force de préhension. Les ondes de choc figurent dans les options de traitement recommandées.
  • Tendinopathie d'Achille insertionnelle. Bénéfice modéré mais reproductible dans plusieurs études, surtout en complément d'un programme d'exercices.
  • Tendinopathie patellaire : bénéfice modéré, plus marqué quand on les combine aux exercices.
  • Tendinopathies du fessier moyen et autres tendinopathies de hanche : la littérature s'étoffe (revue systématique 2024), avec des résultats encourageants mais des protocoles encore variables.

Ce qu'il faut retenir. Les ondes de choc ne sont jamais un traitement isolé. Elles fonctionnent bien quand elles s'intègrent dans une prise en charge globale qui inclut le travail actif. Considérez-les comme un catalyseur : elles peuvent débloquer une situation qui stagne, accélérer la récupération, soulager pour permettre l'exercice — mais elles ne remplacent jamais la mise en charge progressive.

Au cabinet, je les propose typiquement en complément du programme d'exercices, sur 5 à 9 séances en général espacées d'une semaine, avec 2000 à 3000 impulsions par séance, en fonction de la zone et de la tolérance du patient.

Les approches que je recommande avec prudence (ou pas du tout)

Quelques traitements sont encore fréquemment proposés malgré des preuves limitées, voire défavorables :

  • Le repos complet et prolongé : contre-productif dans la grande majorité des cas. Le tendon sous-utilisé perd ses propriétés et devient encore plus vulnérable à la reprise.
  • Les anti-inflammatoires au long cours : peu de bénéfice sur les tendinopathies chroniques (rappel : il n'y a pas d'inflammation classique). Certaines données suggèrent même qu'ils peuvent freiner l'adaptation tissulaire. Ils peuvent dépanner sur une phase aiguë très douloureuse, mais ce n'est pas une stratégie de fond.
  • Les infiltrations de cortisone : effet antalgique à court terme, mais résultats moins bons à moyen et long terme que l'exercice seul. À réserver à des indications très ciblées, en concertation avec le médecin prescripteur. Celles-ci peuvent par contre être très efficaces lorsqu'une bursite est associée.
  • Les ultrasons thérapeutiques seuls : non recommandés par les guidelines récentes. Ils figurent encore dans certains cabinets par habitude, mais leur efficacité n'est pas démontrée.
  • L'immobilisation prolongée : contre-productive sauf indication chirurgicale spécifique.

Et la chirurgie ?

La chirurgie reste une option, mais elle est réservée aux échecs d'une prise en charge conservatrice bien menée pendant au moins 6 mois. C'est rarement nécessaire, et ce n'est jamais une solution de facilité. Les résultats sont d'ailleurs variables, et la rééducation post-opératoire est longue.

5. Combien de temps avant de voir le bout du tunnel ?

C'est probablement la question la plus difficile à entendre, alors je préfère être direct : une tendinopathie chronique met du temps à guérir.

Les ordres de grandeur, dans les conditions habituelles :

  • Tendinopathie réactive aiguë : quelques semaines avec une bonne gestion de la charge
  • Tendinopathie chronique : 3 à 6 mois minimum de rééducation structurée
  • Cas complexes ou anciens : 6 à 12 mois, parfois plus

Cette lenteur s'explique par la vitesse de renouvellement du collagène tendineux, beaucoup plus faible que celle du tissu musculaire. On peut accélérer le processus en optimisant les exercices, le sommeil, la nutrition, la gestion de la charge — mais on ne peut pas faire passer le tendon en mode "régénération express".

Le bon état d'esprit : voir la rééducation comme un investissement à moyen terme. Accepter qu'il y aura des semaines sans progrès apparent, voire des petits reculs. Faire confiance au processus, et au thérapeute qui le supervise.

6. Comment éviter de récidiver (ou de développer une tendinopathie)

Une fois sorti d'une tendinopathie, on n'a pas envie d'y retourner. Bonne nouvelle : la plupart sont évitables avec quelques règles simples.

Pour les sportifs

La règle d'or, c'est la progressivité. Augmentez le volume ou l'intensité d'environ 10% par semaine, pas plus. C'est moins sexy que les programmes "transformation en 6 semaines", mais c'est ce qui marche sur la durée.

Variez vos stimulations : un coureur ne fait pas que courir, un crossfiteur ne fait pas que des AMRAP. Intégrer du travail de force, de mobilité, d'endurance fondamentale protège les tendons.

Soignez la récupération : sommeil, alimentation, gestion du stress. Trois éléments souvent négligés mais déterminants pour la capacité de votre corps à encaisser et à s'adapter.

Échauffez-vous progressivement, surtout par temps froid ou après une journée assise.

Pour le grand public

Bougez régulièrement. La sédentarité fragilise les tendons comme elle fragilise tout le reste. Une activité physique régulière, même modérée, est protectrice.

Maintenez un poids de forme. Réduire la charge sur les tendons porteurs (Achille, patellaire, fessier moyen) a un effet direct sur leur tolérance.

Adaptez votre ergonomie. Poste informatique, gestes professionnels répétitifs — ce sont des sources fréquentes de tendinopathies "non sportives" qu'on néglige souvent.

Et surtout : consultez tôt. Une douleur tendineuse qui persiste plus de 2 semaines mérite un avis. Une prise en charge précoce est toujours plus rapide et plus efficace qu'une prise en charge tardive.

7. Quand consulter ?

Voici les situations qui justifient de prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute :

  • Une douleur tendineuse qui dure plus de 2 à 3 semaines
  • Une douleur qui revient à chaque effort, malgré le repos
  • Une gêne fonctionnelle : limitation dans le sport, le travail, ou les activités quotidiennes
  • Une récidive sur un tendon déjà douloureux par le passé
  • Une raideur matinale persistante au niveau du tendon, qui ne disparaît pas avec l'échauffement
  • Une perte de force ou de mobilité associée à la douleur

Plus la prise en charge est précoce, plus elle est rapide. C'est aussi simple que ça.


Pour conclure

Les tendinopathies sont des pathologies fréquentes, parfois frustrantes, mais dans l'immense majorité des cas réversibles à condition d'adopter la bonne stratégie. Les messages clés à retenir :

🔑 Le repos seul ne marche pas. Le tendon a besoin de charge pour s'adapter et cicatriser.

🔑 L'exercice progressif est le traitement de référence, soutenu par toutes les recommandations scientifiques actuelles.

🔑 La douleur n'est pas votre ennemie. Une gêne modérée pendant l'exercice est acceptable et fait partie du processus.

🔑 La patience est essentielle. Comptez plusieurs mois pour une récupération complète quand la pathologie est chronique.

🔑 L'éducation thérapeutique est un pilier souvent sous-estimé de la rééducation.

🔑 Les modalités complémentaires (thérapie manuelle, ondes de choc, chaînes musculaires) ont leur place, mais en complément du travail actif — jamais à sa place.

Si vous souffrez d'une tendinopathie qui résiste, qui récidive, ou qui vous empêche de faire ce que vous aimez, n'attendez pas que ça passe tout seul. Une évaluation précise et un plan de traitement personnalisé sont la clé d'une récupération durable.

Pour aller plus loin — quelques références

  • Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical presentation of load-induced tendinopathy. British Journal of Sports Medicine, 2009.
  • Martin RL, Chimenti R, Cuddeford T, et al. Achilles Pain, Stiffness, and Muscle Power Deficits: Midportion Achilles Tendinopathy Revision – 2024. Clinical Practice Guidelines. JOSPT, 2024.
  • Cook JL, Rio E, Purdam CR, Docking SI. Revisiting the continuum model of tendon pathology: what is its merit in clinical practice and research? British Journal of Sports Medicine, 2016.
  • Brindisino F et al. The effectiveness of extracorporeal shock wave therapy for rotator cuff calcific tendinopathy. A systematic review with meta-analysis. Physiotherapy Research International, 2024.
  • Xiong Y, Wen T, Jin S, et al. Efficacy and safety of extracorporeal shock wave therapy for upper limb tendonitis: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Medicine, 2024.

Xavier Vrielynck, kinésithérapeute à Chaumont-Gistoux. Cabinet Kinetic Gistoux, Chaussée de Huy 212, 1325 Chaumont-Gistoux. Prendre rendez-vous en ligne.

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